Les
réseaux d’entreprise, une
réalité
incontournable
Il
existe actuellement de nombreuses agences
nationales ou régionales, des chambres de commerce
régionales ou
départementales ou même des conseils
régionaux ou généraux qui sont
engagés
dans la mise en place de réseaux pour dynamiser les
entreprises de leur
périmètre.
Par
ailleurs, il se crée de manière continue
et dans des formes variées des regroupements de
professionnels ou d’entreprises
sur un ou plusieurs sujets qui leur tiennent
particulièrement à cœur.
Le
déploiement des réseaux d’entreprises
peut
ainsi se faire de deux manières, soit
spontanément, soit avec une approche
organisée.
Dans
le premier cas, des professionnels
appartenant à des entreprises se regroupent pour partager
leurs compétences et savoir-faire
sur un domaine où il n’existe pas
d’offre commerciale de service ou de
formation à caractère pratique. Et dans ces
conditions la seule possibilité de
progresser pour les uns et les autres est au moins dans un premier
temps de
partager les expériences concrètes, de se
benchmarker ainsi que de rassembler
les éléments documentaires de
référence et de veille autour de leurs
activités.
Les
domaines concernés peuvent être des
disciplines techniques comme par exemple les nanotechnologies, des
pratiques de
gestion comme par exemple le management de la mobilité
internationale.
Ces
domaines ont pour points communs d’être
relativement nouveaux et de ne pas avoir été
encore pris en compte ni par le
marché ni par les structures universitaires ou
professionnelles.
Dans
le second cas, c'est-à-dire l’approche
organisée de la mise en place d’un
réseau d’entreprises, il s’agit le plus
souvent de dynamiser un secteur d’activité ou un
territoire en développant les
échanges entre les parties prenantes concernées,
rassemblées autour de thèmes
ou de problématiques les concernant
particulièrement.
C’est
le développement des nouvelles
technologies et la pénétration des modes de
travail collaboratif qui ont fait
que cette dynamisation ait pris un tour nouveau en
développant des activités
qui dépassent clairement ce qui s’était
fait jusqu’à présent.
De
fait, les réseaux d’entreprises mis en
place de manière organisée fournissent un
ensemble de services intégrant de la
communication interne et externe mais aussi des dispositifs
collaboratifs comme
des communautés et un support technologique sous forme
d’un portail
collaboratif et documentaire. La veille est aussi le plus souvent un
des
services fournis. Suivant le niveau
de
maturité du réseau, le contenu des prestations de
veille peut être plus ou
moins généraliste.
Les
apports de valeur des réseaux d’entreprise
La
participation à un réseau est toujours
consommatrice de ressources pour une entreprise. Il y a le plus souvent
des
frais d’adhésion, mais c’est surtout
l’organisation et la réalisation des
échanges présentiels ou virtuels qui sont
chronophages pour les professionnels
impliqués dans ces activités.
Par
ailleurs, le commanditaire, la personne
morale ou physique à l’origine du
réseau doit aussi obtenir une valeur ajoutée
en rapport avec les ressources qu’il consacre à la
création et au
fonctionnement de ce réseau.
C’est
pourquoi, il est nécessaire de faire
ressortir les apports de valeur que fournit
la mise en réseau d’entreprises pour
l’ensemble des parties prenantes.
C’est l’objet du tableau qui suit.
Au
final, il faut noter que par delà la
valeur ajoutée amenée au commanditaire et aux
professionnels participant au
réseau, celui-ci peut également jouer un
rôle d’assistance technique et de
management notamment auprès des entreprises de taille
moyenne ne pouvant
posséder des fonctions d’appui à
l’instar des grands groupes.
La
dynamique des réseaux d’entreprise
Introduction
L’analyse
du déploiement des réseaux
d’entreprises montre qu’il n’existe en
fait que quatre niveaux de maturité par
rapport à cette opération.
Il
s’agit de :
- l’époque
du regroupement ;
- l’époque
de la mutualisation ;
- l’époque
de la collaboration ;
- l’époque
du rayonnement.
Ces
quatre époques sont présentées de
manière
détaillée ci-après.
Epoque du regroupement
L’époque
du regroupement peut prendre
plusieurs formes suivant que le réseau
d’entreprises est constitué sans ou avec
un commanditaire explicite.
Dans
le premier cas, le rassemblement s’opère
en règle générale de
manière informelle autour de professionnels
spécialisés
d'un nombre limité d'entreprises désireux
d'échanger sur leur métier et les
difficultés rencontrées au quotidien alors
qu’ils sont relativement isolés dans
leurs sociétés respectives.
Dans
le second cas, il semble que la
situation la plus fréquente est qu’il existe
déjà des relations plus ou moins
formalisées entre les entreprises. Il peut s’agir
de clubs comme ceux qu’ont
animés pendant de nombreuses années les chambres
de commerce et d’industrie ou
d’événements communs ou de ressources
partagées sous l’égide d’un
sponsor qui
peut être un conseil général ou
régional. Dans ces conditions le rassemblement
se met en place avec une certaine continuité par rapport
à l’existant et bien
souvent sur la base du respect et de la confiance entre professionnels.
Néanmoins,
le point commun entre les deux cas
est la volonté de dépasser les relations
interpersonnelles et de créer en
commun un dispositif porteur de valeur ajoutée aussi bien
pour les initiateurs
de l’opération que pour une cible beaucoup plus
large qui a les mêmes
préoccupations que ces derniers.
De
manière plus précise, par cible il faut
entendre l’ensemble des entreprises ayant des
problématiques identiques à
celles des initiateurs. Il peut s’agir de
développement international, de
management industriel, de mise en œuvre de la formation
ouverte à distance
(FOAD), de gestion de la mobilité internationale…
A
ce niveau, ce sont des profils
d’entrepreneur qui sont requis pour réussir
l’opération de création du
réseau.
C’est
la transformation de cette volonté en
réalisation concrète qui est la
difficulté principale rencontrée à ce
niveau
car il n’est jamais aisé de définir et
mettre en place une nouvelle
organisation quelque soit le point de départ de
l’opération.
Epoque de la mutualisation
A
cette époque, les premières mesures prises
par les initiateurs de la création du réseau vont
consister le plus souvent à :
- finaliser
la définition de l’organisation ;
- fixer
précisément la cible à atteindre ;
- définir
une offre de services pouvant correspondre à la cible ;
- communiquer
sur l’ensemble auprès de la cible et obtenir son
adhésion.
La
finalisation de la définition de
l’organisation consiste à fixer les structures de
pilotage, d’animation et de
gestion du réseau ainsi que les responsabilités
en leur sein.
La
fixation précise de la cible à atteindre est
l’identification des entreprises et les fonctions en leur
sein qu’il est
souhaitable d’inciter à faire participer au
réseau. C'est-à-dire celles pour
lesquelles il aura le plus de valeur ajoutée.
La
définition d’une offre de services
adaptée
à la cible est la fixation des prestations
mutualisées
que le réseau va fournir
à ses adhérents, il peut s’agir
d’informations d’actualité,
d’événements, de
veille, de formation, d’un accompagnement sur des projets
spécifiques ou de la
mise à disposition d’un fonds documentaire. Ces
services
sont à ce niveau la
valeur ajoutée principale que peut fournir le
réseau
à ces membres.
Plus
précisément, la veille mise en œuvre
dans cette époque vise à produire des alertes
pour les événements pouvant avoir
un impact sur les membres du réseau, une ou plusieurs
newsletters ainsi que des
monographies. Les sources utilisées sont le plus souvent
l’Internet. Les outils
implémentés couvrent en règle
générale l’ensemble du cycle de la
veille et sont
de ce fait positionnés comme des progiciels.
La
communication auprès de la cible du réseau
a pour vocation d’informer de la création du
réseau mais surtout d’obtenir
l’adhésion du plus grand nombre possible
d’entreprises de manière à permettre
la fourniture d’un nombre important de services de grande
qualité.
A
ce niveau, il faut avoir constitué une
équipe rassemblant des profils différents comme
ceux d’un sponsor, d’un
organisateur et de quelques experts sur les thèmes
clés du réseau pour réussir
à faire fonctionner le réseau.
Dans
la mesure où la communication est bien
ciblée et les services proposés
adaptés, le réseau peut rencontrer sa cible et
de ce fait commencer à apparaître en tant que tel
auprès des entreprises.
Les
difficultés principales rencontrées
portent sur la fixation du rôle des différents
initiateurs du réseau dans
l’organisation adoptée ainsi que la
définition des services et d’une
communication qui soit réellement incitatifs.
Epoque de la collaboration
L’entrée
dans cette époque amène le passage
d’un mode de fonctionnement du réseau qui mettait
l’accent sur l’utilisation en
commun de services à un autre impliquant le travail en
commun. Pratiquement, il
s’agit tout en perpétuant les services existants
de mettre en place et d’animer
des structures collaboratives pour faire fonctionner ce travail en
commun qu’il
soit sur un mode présentiel ou virtuel.
Ces
dispositifs ont pour vocation de créer et
faire vivre un espace où des professionnels de
différentes organisations vont
pouvoir échanger et éventuellement produire en
commun sur des thématiques qui
les concernent particulièrement. Il peut s’agir
pour ces thèmes des impacts de
la FOAD sur les approches pédagogiques de formation, de
gestion de production,
de développement de l’innovation, des
modalités d’exportation…
Ces
structures collaboratives sont appelées
en règle générale
communautés et rassemblent entre dizaine et une quinzaine de
professionnels sur un mode présentiel.
Il
faut préciser que dans les réseaux
développés de manière
organisée il existe souvent des instances qui peuvent
relever d’activités collaboratives, par exemple
des commissions thématiques,
mais elles n’ont ni l‘amplitude ni
l’organisation qu’ont les communautés
même
si elles sont engagées dans la rédaction en
commun d’un document.
Plus
précisément, les communautés apportent
à
leurs membres une structure permanente orientée vers le
développement des
connaissances comme l’échange
d’expériences, disposant de règles de
fonctionnement reconnues et partagées ainsi que
d’un outillage logiciel adapté
comme par exemple des espaces collaboratifs, des wikis, des outils de
Webconferencing…
Parmi
ces règles, il y a le plus souvent de
mis en avant comme étant un constituant essentiel de la vie
d’une communauté,
la réalisation d’actions communes comme par
exemple la production de livrables.
A
ce niveau, l’équipe en charge du réseau
doit rassembler au minimum un professionnel introduit dans
différents réseaux
d’entreprises, des animateurs, un organisateur, un
communicant pour réussir à
développer le réseau.
La
principale difficulté rencontrée à ce
niveau est de réussir à créer et
développer une réelle dynamique humaine
à
l’intérieur et entre les communautés.
Plusieurs approches ont été
opérées pour
identifier les meilleurs leviers. Certains mettent l’accent
sur la confiance,
d’autres sur la qualité de l’animation,
d’autres encore sur l’outillage
logiciel adopté, en fait tout cela est juste mais
c’est en dernière instance la
valeur ajoutée apportée aux membres des
communautés qui fait que celles-ci se
développent réellement et produisent.
Epoque du rayonnement
Avec
l’époque du rayonnement, le réseau est
connu aussi bien pour ses modes de fonctionnement et son organisation,
qui
deviennent des références dans le domaine, que
pour ses activités qu’il
s’agisse de livrables ou
d’événements.
Ainsi,
ses dirigeants ou principaux
contributeurs sont invités pour témoigner de
leurs réalisations dans les
conférences nationales ou internationales.
Par
ailleurs, si les communautés fonctionnent
bien et produisent des contenus de qualité, une veille
ciblée sur leurs
thématiques peut alors être un moyen
d’aiguillonner les échanges en leur sein.
Il
se crée ainsi de fait une dynamique où
tout un ensemble d’entreprises et de professionnels veulent
participer et
contribuer au réseau. Il est même envisageable que
les savoir-faire accumulés
par le réseau soient intégrés dans des
parcours de formation.
Néanmoins,
il faut à ce niveau que l’équipe
d’animation du réseau rassemble au minimum un
professionnel introduit dans les
médias, un communicant et quelques experts universitaires
pour réussir à faire
connaître le réseau.
A
ce niveau, les principales difficultés
rencontrées sont les suivantes :
- rester
simple et modeste car la réussite du réseau tient
à ses initiateurs mais aussi et même avant tout
à la participation et aux contributions de ses membres ;
- gérer
les des mouvements au sein des communautés, qu’il
s’agisse de départs ou
d’arrivées ;
- réussir
à continuer le développement du réseau
à travers la fourniture de nouveaux services comme de
nouvelles communautés ou des thématiques
nouvelles pour les communautés existantes.
Structure type d’un réseau
Même
si le modèle précédent se
présente comme
un modèle de maturité, il ne signifie pour autant
pas que tous les réseaux
d’entreprises doivent obligatoirement passer par ces
différentes étapes pour
arriver à l’époque du rayonnement.
Par
exemple, la mise en place des communautés
et des outils logiciels associés ont donné
à l’époque de la collaboration un
intérêt certain pour celle-ci au regard de la
valeur ajoutée qu’elle pouvait
apporter aux commanditaires. De fait de nombreux parmi eux cherchent
à
développer des réseaux directement à
partir de ce niveau. Ils ne réussissent
pas toujours. En effet, l’exercice est assez
délicat car il nécessite de créer
une réelle dynamique humaine entre les membres des
communautés et au sein du
réseau.
Au
final, sur la base de l’examen de nombreux
réseaux professionnels créés de
manière spontanée ou organisée et de
leur
différent niveau de maturité il est possible de
préciser les composants types
d’un réseau d’entreprises.

Au
final, dans les réseaux spontanés ou
organisés, la veille est dans les premiers niveaux du
modèle un service, elle
est alors généraliste puis elle devient un
vecteur de la dynamisation des
dispositifs collaboratifs, elle est alors ciblée sur leurs
thématiques.
Des
éléments pratiques pour la mise en œuvre
Un
modèle n’est porteur de valeur ajoutée
que
lorsqu’il permet de formuler des
éléments pratiques pour assister les
professionnels.
Dans le cas présent, il s’agit de la mise en
œuvre des réseaux et en
particulier de la veille en leur sein.
C’est
l’objet du tableau suivant qui présente
les principales caractéristiques des réseaux
d’entreprise pour chacun de leur
niveau de maturité.
Par
delà ce tableau, il faut retenir
l’orientation des éléments
proposés pour chaque époque :
- époque
du regroupement : focalisation sur la mise en place des conditions qui
doivent permettre l’émergence effective du
réseau ;
- époque
de la mutualisation : recherche de la fourniture de services
professionnels, dont la veille, avec les dispositifs
associés ;
- époque
de la collaboration : ciblage sur la création et le
développement de pratiques collaboratives ;
- époque
du rayonnement : valorisation et développement continu des
travaux réalisés.