Conscientes
de la nécessité de gérer au mieux les
différents contenus qu’elles produisent,
achètent et utilisent, les
organisations se sont lancées depuis plusieurs
années dans la gestion de
contenus. Généralement le terme de
gestion des
contenus fait
référence aux processus et aux
technologies supportant la création, la validation, la
publication et
l’archivage des contenus de l’entreprise en
s’inscrivant dans une démarche
collaborative.
Mais
cette gestion des contenus, intimement
liée aux
solutions d’ECM
mises en place, reste bien souvent
« localisée ». En
effet, dans la
plupart des cas les organisations ont
mis en place ces solutions pour répondre à des
besoins spécifiques issus de
directions ou de départements particuliers : mise
à disposition auprès des
collaborateurs du service comptable des images de factures, gestion de
contrats
pour le département juridique, système de
publication web pour la direction de
la communication, espaces de travail collaboratif pour la gestion de
projet,
messagerie électronique pour l’ensemble des
collaborateurs, etc.
Ainsi, ces
nouvelles solutions d’ECM sont venues s’ajouter
à la déjà longue liste des
systèmes existants dans les organisations qui
gèrent, plus ou moins bien, des
contenus : serveurs de messageries électroniques, disques
partagés, systèmes de
GED, plateformes de travail collaboratif …
De la
nécessité d’une gestion transversale
des contenus
Aujourd’hui,
l’approche transversale par processus
métiers entamée par de très nombreuses
organisations pour s’adapter à leur
marché demande de plus en plus aux collaborateurs
d’obtenir, d’agréger et
d’utiliser des contenus provenant de différentes
sources ou systèmes connexes
d’information.
Malheureusement,
la gestion des contenus ne traite que
très rarement des questions relatives au cycle de vie des
contenus pouvant
« transiter » par
différents systèmes aux logiques
différentes et
spécifiques : que
faire des
documents de travail présents sur une
plateforme de travail collaboratif
une fois ceux-ci
validés ? Faut-il
les capitaliser et les intégrer
aux référentiels de l'entreprise
supporté par une autre
plateforme ? Si oui comment le faire et qui en est responsable ? Qui est
responsable des règles
de publication ? Faut-il archiver ces
documents ? Si oui qui en
est responsable et qui définit les règles de
rétention ?...
Ainsi,
trop peu d’organisations donnent à leur gestion
des contenus une dimension globale et transversale à
laquelle sont associées
des notions d’organisation, de standards et de
stratégie d’entreprise. Au
final, les entreprises qui rencontrent des difficultés sur
ce registre font
légion…
L’exemple
typique
est celui d’une entreprise qui a largement
déployé
des bases Lotus Notes
pour répondre à un besoin de stockage et de
partage de
documents entre des
collaborateurs d’un même service, d’un
même
département, d’une même
communauté.
Sans véritables contrôles lors de la
création de
ces bases documentaires, sans
une gestion et une charte d’utilisation commune, celles-ci
ont
proliféré très
rapidement et surtout de manière totalement
anarchique.
Les résultats
d’une
telle absence de gouvernance des contenus sont aussi visibles que
contre
productifs.
Par exemple, une recherche
d’information sur le terme
« confidentiel » à
partir du moteur de recherche présent sur
l’Intranet fait remonter des documents qui sont
réellement confidentiels.
En effet, croyant avoir à leur disposition
une base documentaire uniquement accessible par leur
département, n’étant pas
informés de l’indexation de la base par le moteur
de recherche de l’entreprise
et n’ayant à leur disposition aucunes indications
sur la manière de gérer des
documents confidentiels, certains collaborateurs
n’hésitent pas à partager des
documents à accès restreint sur des bases
documentaires qui sont au final
publiques !
Par ailleurs, une recherche
d’information sur un thème donné fait
indifféremment remonter des documents de
références autant que des documents de
travail encore en cours de réalisation et de validation.
Enfin,
l’absence de renseignements et
l’hétérogénéité
des
métadonnées
associées aux documents entrainent une liste des
résultats de recherche très
disparate avec des résumés disponibles pour
certains
résultats et pas d’autres,
une absence de date et d’auteur, etc.
Face à cette situation
alarmante, certaines entreprises ont décidé de
réagir et de mettre en place des premières
actions :
- mise en place de
groupe de réflexions et de travail sur
l’harmonisation au niveau de
l’entreprise des métadonnées
à la fois générale et
métier ;
- mise en
place d’un processus de contrôle et de validation
de la création de nouvelles
bases documentaires ;
- élaboration
de charte d’utilisation des bases documentaires.
Ce
type d’actions va permettre aux organisations
d’avancer
progressivement vers la gouvernance de l’information.
Mettre en
place
une gouvernance des contenus
La gouvernance
des contenus a pour objectif d’assurer une
qualité optimale de
l’ensemble des contenus de l’entreprise, quels que
soient la plateforme
(portail, intranet, GED, WCMS…), en rationalisant et rendant
efficiente la
gestion du cycle de vie complet des contenus.
Par
contenu de qualité, il faut comprendre contenu
valide, parfaitement et systématiquement défini
à l'aide de métadonnées
(générales, métiers et
éventuellement contextuelles) et possédant des
droits
d'accès clairement définis et surtout effectifs.
Pour
y parvenir, la gouvernance doit mettre en place un
cadre établissant des règles et des standards
pour l’ensemble des contenus de
l’entreprise en plaçant l’individu au
cœur des processus de gestion des
contenus.
Plus
concrètement, une organisation qui souhaite mettre
en place une véritable gouvernance des contenus doit
procéder par étape :
1.
Définir
des objectifs
Il
s’agit de définir les objectifs à
atteindre en terme
de gestion des contenus, notamment en ce qui concerne la
qualité et la
réutilisation des contenus.
2.
Etablir
des règles et des standards
Il
s’agit de traduire les objectifs préalablement
définis
en règles et en standards qui seront utilisés
quotidiennement par les
différents acteurs impliqués et
impactés par la gestion des contenus.
Il
s’agit également d’identifier les
collaborateurs
responsables de ces règles et standards, de leur
élaboration, utilisation et
maintient.
3.
Mettre
en place les outils permettant de supporter ces règles et
standard
Pour
mettre en œuvre et supporter opérationnellement
ces
règles et standards, il est nécessaire de fournir
aux collaborateurs concernés
les outils indispensables :
- référentiel
commun de
métadonnées;
- système(s)
de classement et
d’organisation des
contenus : taxonomie et/ou éventuellement
thésaurus ou ontologies;
- une
ou plusieurs plateformes d’ECM.
Si
dans l’idéal une seule plateforme d’ECM
est
souhaitable, sur le terrain 2 ou 3 plateformes peuvent coexister dans
le
meilleur des cas.
4.
Impliquer
et responsabiliser les parties prenantes
Sans
assignation de responsabilités et de
rôles vis-à-vis des contenus à des
collaborateurs bien identifiés et sans
l’élaboration, la diffusion et
l’application de règles précises
associées à ces rôles, il est
impossible
d’obtenir des contenus de qualité.
Il
s’agit notamment d’identifier qui est responsable
d’un
contenu et qui en est l’auteur. Bien entendu, il
s’agit également de mettre en
œuvre les mécanismes permettant de
s’assurer de l’implication effective des
acteurs.
5.
Maintenir
le cadre
Les
contenus, les besoins ainsi que les objectifs qui
leur sont associés évoluent au cours du temps. Il
est donc nécessaire de
s’assurer que les règles et les standards
existants correspondent toujours à
ces besoins et objectifs.
Une
fois mise en place, la gouvernance des contenus va
permettre à l’entreprise
d’améliorer sa productivité et de
valoriser ses
contenus, notamment au travers d’un accès
à l’information beaucoup plus performant.
Une information réutilisée est une information
qui gagne de la valeur ;
valeur qui est d’autant plus importante que la
qualité de l’information est
grande et garantie !
ECM =
Enterprise Content
Management = Document imaging + Document management (DM) + Web content
management (WCM) + Digital asset management (DAM) + Records management
(RM) +
Content integration (ECI).